Blog créé pour permettre à tous les individus qui le désirent de participer à l'élaboration d'un projet économique pouvant être qualifié DE GAUCHE
Pourquoi faut-il chercher un mode financement des investissements différent de celui du financement par les profits ?
Contrairement à ce que l’on peut croire, les profits ne sont pas seulement un signe de bonne santé des entreprises, mais il sont aussi celui du déséquilibre du marché qui permet à des entreprises sans réelle concurrence, de vendre leur production très au-dessus des coûts, en détournant le pouvoir d’achat des consommateurs.
Les profits permettent de mesurer sur le thermomètre de l’économie, les secteurs dont la concurrence est insuffisante, ou ceux dans lesquels les entreprises ont des accords tacites leur permettant à toutes de vendre très au-dessus de leurs coûts.
La manipulation des consommateurs qui sont prêts à dépenser des sommes importantes pour pouvoir montrer qu’ils font partie de ceux qui achètent des marques, est un moyen d’accumuler les profits.
Le système en place crée deux catégories de citoyens, séparés par la fracture sociale.
Il y a ceux qui peuvent devenir propriétaire des entreprises en acquérant des actions, et ceux qui ne le peuvent pas, parce que leurs revenus ne sont pas suffisants.
Pourtant, ce sont les consommateurs qui financent la majeure partie des investissements par les profits.
Le processus de spoliation du pouvoir d’achat des salariés s’effectue en deux temps.
D’abord, en accordant aux cadres supérieures et aux dirigeants des entreprises des ressources bien au-dessus de celles accordées aux salariés, ce qui permet à ces catégories d’individus de devenir les acquéreurs principaux des actions des entreprises.
Ensuite, en faisant financer les investissements par les profits, c’est-à-dire par le pouvoir d’achat des consommateurs, qui n’est autre que celui des salariés.
En effet, par cette méthode, les salariés transfèrent aux entreprises une part de leur pouvoir d’achat qui sert aux entreprises à acquérir les investissements qu’elles doivent réaliser, et souvent une part supplémentaire qui sert aux entreprises à spéculer, tout cela sans recevoir le moindre titre de propriété en contrepartie.
La propriété de la contrepartie de ce pouvoir d’achat des salariés est transférée aux actionnaires initiaux, ceux qui ont les moyens d’investir une part de leurs ressources, par l’augmentation de la valeur des actions qui croît avec l’accumulation des profits.
Ce « racket légal », à des conséquences qui vont bien au delà du transfert du pouvoir d’achat.
Une fois mise en place, cette organisation du financement des investissements poursuit sa logique consistant à concentrer dans les mains d’une minorité l’intégralité des investissements, et à accorder à ceux qui investissent la meilleure croissance du pouvoir d’achat issu du capital.
Pour accroître la rentabilité des entreprises, donc du capital, il faut augmenter la productivité des entreprises.
Pour parvenir à ce but, il y a plusieurs solutions
1. remplacer l’être humain par des machines, de façon à augmenter les gains de productivité (la solution la plus souvent retenue étant celle du licenciement).
2. limiter le temps de travail perdu, en faisant prendre en charge par les salariés les problèmes d’organisation des entreprises. Le personnel devant s’adapter aux horaires les plus variés, devant partir des entreprises quand le travail diminue, et y revenir dès qu’il augmente. Et cela plusieurs fois dans la journée pour certains, dont l’emploi du temps est totalement dépendant de l’entreprise, sans percevoir d’indemnisation pour ce temps non réellement disponible, mais officiellement libre.
3. accroître le travail précaire, en utilisant régulièrement du personnel aux seules périodes nécessaires, sans lui permettre d’avoir une activité suffisante pour vivre correctement de son travail
4. en faisant fonctionner les machines plus longtemps dans la journée ou dans la semaine, en organisant le travail en équipes, équipes de jours et équipes de nuits, équipes de la semaine et équipes de fin de semaine (vendredi, samedi, dimanche) ou de week-end (samedi, dimanche). Tout cela sans se préoccuper des conséquences sur la vie de famille des individus.
Pour augmenter la productivité des entreprises, deux logiques s’opposent. Celle de la production et celle de la distribution.
La production fait tout pour diminuer les coûts, tandis que la distribution, avec la publicité dépense des sommes phénoménales pour occuper la meilleure place sur le marché.
Alors que ceux qui produisent perçoivent des salaires de plus en plus bas, ceux qui aident à la promotion des marques perçoivent des sommes fabuleuses, et tous ceux qui gravitent autour se servent copieusement.
Quelle alternative peut-elle être mise en place ?
Considérant que le pouvoir d’achat des salariés sert à financer les investissements, il paraîtrait normal que ceux-ci bénéficient de la propriété des investissements qu’ils financent.
Pour ne pas reproduire le schéma mis en cause, la solution doit donc d’être novatrice.
Il ne suffit pas en effet de multiplier les actionnaires en risquant de laisser une frange de la population dans les anciennes conditions, en ne prenant pas en compte ses problèmes, considérant qu’elle ne représente plus qu’une minorité.
La solution doit donc être globale. Elle doit reposer sur des principes de solidarité tels qu’ils avaient été mis en place au début du siècle lors de la création de la sécurité sociale. Pour cela, il est nécessaire de créer un système de financement des investissements qui soit alimenté par l’ensemble des salariés, grâce à des prélèvements directs proportionnels aux rémunérations, réalisés à la source, et versés à un organisme chargé de financer les entreprises en fonction de leurs besoins. Cet organisme ne doit pas être directement lié à l’État, afin de lui assurer une autonomie vis-à-vis des contraintes internationales auxquelles l’État s’est soumis.
S’il existe une hiérarchie des rémunérations, celle-ci ne doit pas être amplifiée par des revenus du capital proportionnels aux rémunérations.
Cette méthode de financement des investissements remet en cause une multitude de principes dans l’organisation de la société humaine.
Les grands changements.
· Les entreprises ne sont plus des lieux conçus pour l’enrichissement d’une minorité d’individus, mais pour satisfaire les besoins des consommateurs.
· Pour ne pas créer de monstres administratifs, gérés par une masse de technocrates irresponsables, les entreprises devraient être gérées localement, par des assemblées regroupant des organisations de consommateurs (représentant l’ensemble des salariés, en tant qu’investisseurs et les consommateurs), des représentants du personnel (défendant les conditions de travail), et les dirigeants d’entreprises (devant pouvoir présenter l’entreprise dans le contexte économique local et global).
· Pour concilier les intérêts de l’aménagement du territoire, et ceux de la population, la création de petites unités de production devrait être favorisée, afin que les lieux de production soient le plus près possible des lieux d’habitation qui pourraient être répartis sur l’ensemble du territoire.
· Au lieu d’être en concurrence, les entreprises devraient collaborer, c’est-à-dire échanger toutes les connaissances et techniques mises en place afin d’améliorer les productions et les moyens de les réaliser.
Des centres de gestion interentreprises devraient permettre de connaître les coûts de chacune des entreprises, de les comparer, de les analyser, et d’améliorer la gestion de celles qui n’ont pas de bons résultats.
Cette collaboration entre les entreprises implique la fin de la publicité et son remplacement par un système d’information permettant aux consommateurs d’être consultés sur le bien-fondé des innovations proposées par les entreprises.
· Bien que les profits ne soient plus à l’ordre du jour, l’équilibre comptable des entreprises devra être réalisé. La seule valeur du marché étant retenue, étant celle indiquant au gestionnaire d’entreprise le prix au delà duquel les consommateurs préfèrent se priver d’un produit plutôt que de l’acquérir. Cette donnée étant la seule permettant d’indiquer à un entrepreneur si un produit peut intéresser les consommateurs ou pas.
· En cas de forts gains de productivité, réalisés grâce au progrès technique, trois solutions se présenteraient aux gestionnaires.
· Diminuer la production, donc le temps de travail,
· Trouver de nouveaux débouchés, sans concurrencer des marchés existants,
· Créer une nouvelle production en utilisant le temps libéré des salariés.
· Répartition du temps de travail. Pour supprimer le chômage, les emplois devront être partagés. La diminution du temps de travail devra être un objectif, mais elle devra être accompagnée de mesures permettant à chacun d’occuper un poste, sans perte de pouvoir d’achat.
· L’utilisation des gains de productivité devant servir selon les cas à :
· la formation,
· la baisse du temps de travail global,
· la création de poste de travail dans le secteur social ou le secteur public.
· le financement de la redistribution
· retraites,
· allocations diverses
· Mondialisation. Les pays ayant accepté des conditions inacceptables, rien n’empêche aux consommateurs de s’organiser pour refuser les conditions auxquelles les États se sont soumis. D’où la nécessité de créer un organisme d’investissement indépendant de l’État. En refusant d’investir dans des entreprises n’acceptant pas les nouvelles règles liant les entreprises, les consommateurs gardent leur autonomie. (Organismes Génétiquement Modifiés).
Tous les échanges avec l’extérieur devraient être soumis à la volonté des consommateurs qui veilleraient à ne pas mettre en concurrence des productions internes avec d’autres productions. L’importation ne pouvant être réalisée que pour compléter une production intérieure trop faible par rapport à la demande du moment.
Les échanges avec d’autres pays devant être réalisés sur la base des mêmes rémunérations moyennes, de façon à mettre fin à l’exploitation des peuples peu développés industriellement.
· Équilibre des échanges. Le but pour un pays n’est pas de rechercher à exporter plus qu’il n’importe pour avoir un excédent de sa balance commerciale, donc des devises permettant d’investir à l’extérieur pour acquérir plus de pouvoir économique, mais de parvenir à l’équilibre des balances commerciales. Le but étant de laisser chaque pays libre de ses choix de développement, en les aidant éventuellement par la fourniture de biens, mais en leur laissant la propriété des biens dont ils disposent. L’avenir étant de réaliser une mondialisation fondée sur la coopération avec tous les pays acceptant cette nouvelle norme économique.
L’économie solidaire, doit se développer avec l’idée que l’organisation économique du monde peut être différente de ce qu’elle est actuellement.
Il est courant de dire :
« Si tu veux nourrir quelqu’un qui a faim, donne lui un poisson, si tu veux qu’il se nourrisse tous les jours, apprend lui à pêcher ».
L’économie solidaire ne doit pas être la mendicité. Elle doit permettre à chacun de participer à la vie économique.
Au lieu de donner directement à ceux qui ont faim, il faut que tous ceux qui sont prêts à donner une partie de leurs ressources pour aider les autres, investissent dans des activités faites pour développer l’économie solidaire.
Avec le progrès technique, les entreprises peuvent produire pratiquement sans main-d’œuvre. L’économie solidaire peut investir dans ce genre d’entreprise, afin d’avoir à distribuer des biens à ceux qui participent à l’économie solidaire, par exemple, en rendant des services à des personnes ne pouvant plus participer à la création de richesse, ni à la solidarité.
L’économie solidaire ne doit pas travailler à la marge, mais supplanter petit à petit le système existant, afin de réussir à le remplacer totalement. Cela se fera à un rythme qui variera en fonction de l’information que chacun recevra, et de la force de conviction qui nous permettra de faire partager nos idées.
Bernard CORMIER